Valeurs et vertus du sport

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Magnifique petit livre d’André Comte-Sponville sur les valeurs du sport. Il reprend, entre autres, la différence stoïcienne entre le skopos et le telos : « Tant que j’espère atteindre la cible, je suis séparé du bonheur par l’espérance même qui le poursuit. La flèche n’est pas encore partie : je voudrais être déjà sur le podium ! Le sage, lui, n’espère pas atteindre la cible ; il veut seulement la viser bien. Or c’est ce qu’il fait. De quoi aurait-il peur ? Il est sans pression, à la fois concentré et détendu. C’est pourquoi, disent les textes zen, “il atteint un pou en plein cœur”. »

André Comte-Sponville nous éclaire avec brio sur les vertus et limites du sport, ainsi que sur les valeurs qu’il peut incarner. Il s’agit de réconcilier l’idéal démocratique, qui suppose l’égalité de tous, avec l’idéal aristocratique et sportif, qui suppose au contraire leur inégalité (selon le principe « Que le meilleur gagne ! »).

Il pointe ici, avec la clarté et le talent pédagogique qui le caractérisent, cette vérité décisive : nous sommes tous égaux en droit et en dignité, point en fait et en valeur. C’est ce qui distingue la démocratie du nihilisme ; et le sport, d’un simple divertissement.

L’inconsolable et autres impromptus

Un recueil d’essais

La joie de vivre, l’ennui, la solitude, la musique, les animaux… la pensée d’André Comte-Sponville en textes brefs, clairs sans technicité inutile.
Le titre de l’ouvrage : L’inconsolable et autres impromptus, PUF, 2017 ; 330 pages, 19,00 €.

Avant-propos

« Ce recueil d’impromptus obéit aux mêmes principes que le précédent, Impromptus, publié chez le même éditeur, il y a une vingtaine d’années : il s’agit toujours de textes brefs, écrits sur le champ et sans préparation, entre philosophie et littérature, entre pensée et mélancolie, sous la double invocation de Schubert, qui donna au genre ses lettres de noblesse musicale, et de Montaigne, philosophe imprémédité et fortuit . Je m’y suis interdit toute technicité, toute érudition, toute systématisation. Ces douze textes, dans leur disparate, dans leur subjectivité, dans ce qu’ils ont de fragile et d’incertain, visent moins à exposer une doctrine qu’à marquer les étapes d’un cheminement. Un impromptu est un essai, au sens montanien du terme, donc le contraire d’un traité. Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres. » A.C.-S.